Hirondelles



LES DIFFERENTES ESPECES

Tout le monde connaît la silhouette gracile d’une hirondelle : une petite tête ronde avec des gros yeux, des ailes effilées pour fendre l’air, une queue échancrée très pratique pour faire des changements brusques de direction, des pattes courtes armées de griffes pour s’accrocher aux façades. Trois espèces fréquentent la commune, deux s’y reproduisent.

HIRONDELLE DE FENETRE Delichon urbica
Cette petite citadine reconnaissable à son croupion d’un blanc immaculé installe son nid sous les avancées de toit. Elle est très sensible à la pollution atmosphérique.

HIRONDELLE DE CHEMINEE OU RUSTIQUE Hirundo rustica
Elle recherche la compagnie des hommes ou plutôt ses habitations : granges, maisons, abris de jardin (jadis les cheminées monumentales des fermes mais il est peu probable qu’un Brugeais héberge encore un couple dans sa cheminée !). Des trois, c’est l’espèce la plus commune, elle semble être particulièrement présente dans le quartier du Tasta.

HIRONDELLE DE RIVAGE Riparia riparia
Ce poids plume de 13,5 grammes creuse un terrier dans les berges escarpées des rivières. Le bord des jalles n’étant pas propice, elle a trouvé un habitat de substitution (toutefois très précaire) dans les tas de sable des gravières en exploitation.

MARTINET NOIR Apus apus
Il peut être confondu avec une hirondelle, mais ces ailes sont en forme de faux, son plumage est sombre, son vol très rapide.

Une baisse inquiétante des populations dans notre pays
Ces petites messagères du printemps font l’objet de toutes nos attentions car leurs effectifs sont en forte diminution en Europe et notamment en France. Un rapport du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris révèle une chute des populations durant ces dix dernières années de l’ordre de 80 % pour l’Hirondelle de fenêtre et de 50 % pour l’Hirondelle de cheminée.Les principales causes sont l’utilisation massive de pesticides (la nourriture est moins abondante), la disparition des points d’eau (la boue fait défaut pour la construction des nids), la destruction des nids par les particuliers incommodés par les cris ou les fientes (toutes les espèces d’hirondelles sont protégées au niveau national, la destruction des nids constitue une infraction).

Des indicatrices de la qualité de notre environnement
La commune offre tout à la fois des infrastructures modernes et des paysages agricoles (maraîchage, élevage…). Cette identité de « village dans la ville » se traduit par la présence de certaines espèces animales comme les hirondelles qui, générations après générations, retournent à l’endroit qui les a vu naître.

Des insecticides naturels
Les hirondelles sont capables de véritables acrobaties aériennes pour gober le plancton aérien. Il n’y a pas de concurrence entre les espèces, l’Hirondelle rustique pourchasse les mouches et les moustiques au ras du sol ou à quelques mètres de hauteur alors que l’Hirondelle de fenêtre se nourrit à une vingtaine de mètres de pucerons et de fourmis volantes.

Des nids en torchis
Les principaux matériaux de construction pour les nids sont de la boue, de la salive et des brindilles. Le nid a la forme d’une demi-sphère pour l’Hirondelle rustique et d’une coupe fermée avec un petit orifice pour l’Hirondelle de fenêtre.

Des oiseaux fidèles à leur site de nidification
La majorité des hirondelles qui survivent à l’hivernage et à la migration retrouvent leur site de nidification de l’année précédente. Des oiseaux fidèles à leur lieu de naissance : Les hirondelles (surtout les mâles) reviennent s’établir à proximité de leur zone de naissance (on parle de philopatrie). Cette fidélité est très importante chez l’Hirondelle de fenêtre qui, dans 95 % des cas, s’installe à moins de 100 mètres.
Des grandes voyageuses : A la fin de l’été, ces migratrices transahariennes entreprennent un voyage exténuant de plus de 6000 kilomètres parsemé d’embûches (beaucoup périssent en route) pour atteindre leurs quartiers d’hivernage africains. Les zones humides comme la Réserve Naturelle des Marais de Bruges constituent des haltes migratoires privilégiées, elles permettent aux hirondelles de se reposer et de s’alimenter.

Comment leur venir en aide ?
Chacun d’entre nous peut, en adoptant des comportements plus respectueux pour notre environnement, contribuer à la sauvegarde de nombreuses espèces autour de chez lui.

  • Un jardin non aseptisé :  La biodiversité peut être favorisée en plantant une haie d’essences locales (Prunellier, Aubépine, Sureau noir, Noisetier…) riches en insectes, en évitant l’emploi d’insecticides et laissant se développer un petit « coin sauvage » (fauche annuelle uniquement en fin d’été).
  • L’installation de nichoirs artificiels : Ces petits aménagements peuvent favoriser l’installation d’une colonie et compenser l’inhospitalité des façades des bâtiments modernes.
  • Parler des hirondelles autour de soi : Beaucoup de personnes ne connaissent pas la situation critique des populations d’hirondelles. Les nids sont souvent détruits à cause des désagréments occasionnés par les fientes. Une simple planchette placée en dessous du nid protège le mur et permet de récupérer un guano précieux pour vos plantations.

Textes : Réserve Naturelle des Marais de Bruges

Hôtel à insectes



Un hôtel à insectes, petit, grand, ou minimaliste (une seule espèce visée) est très utile au jardin, potager, verger pour polliniser les fleurs et réguler les parasites. Vous pourrez ainsi observer les insectes de plus près.

LES DIFFÉRENTS MATÉRIAUX À METTRE EN ŒUVRE :

  • Paille ou bois : bien abrité pour les chrysopes, dont les larves se nourrissent de pucerons, cochenilles farineuses, aleurodes (ou mouches blanches), thrips ou oeufs d’acariens.
  • Tiges de bambous bouchées à une extrémité d’au moins 10 cm de long : pour les osmies, des abeilles solitaires qui pollinisent les premières fleurs des arbres fruitiers, dès le moi de mars.
  • Pots de fleurs retournés et remplis de foin pour les perce-oreilles qui aiment les pucerons.

  • Bûches percées pour les abeilles et guêpes solitaires, dont les larves se nourrissent de pucerons.
  • Fagots de tiges à mœlle comme la ronce, le rosier, le sureau, offrent des abris idéaux pour les syrphes et autres hyménoptères.
  • Briques : elles sont appréciées des osmies (abeilles solitaires)..
  • Planchettes bien rapprochées et abritées : elles attirent les coccinelles qui viennent y passer l’hiver. Leurs larves consomment énormément de pucerons.

 

LES ESPÈCES RENCONTRÉES

  • Ces abeilles solitaires apparaîssent au début du printemps. Elles butinent les premières fleurs du jardin, les arbres fruitiers, pour se nourrir et pour fabriquer la pâtée de pollen et de nectar qui nourrira leurs larves.
  • Elles construisent leurs nids en ligne dans des cavités existantes, d’autres nichent dans des coquilles d’escargot ou encore creusent le sol. Elles aiment tout particulièrement les blocs de bois percés de trous de 8 mm de diamètre ou simplement des tiges de bois du même diamètre. Important, ces tiges de bois doivent être bouchées à une extrémité.

 

  • Insecte ailé d’aspect fragile et d’un beau vert vif, on la nomme souvent demoiselle aux yeux d’or. Les adultes consomment miellat, nectar et pollen. Les larves sont des carnassières terribles et détruisent pucerons, trips, araignées rouges, cochenilles farineuse, jeunes chenilles : magique !
  • Une femelle peut pondre jusqu’à 1000 oeufs dans un cycle. Les chrysopes hivernent dans les bâtiments non chauffés. Si une chrysope reste coincée à l’intérieur au printemps, pour les déplacer sans encombre, mouiller un pinceau, l’insecte se collera dessus et vous pourrez la sortir sans la blesser.

 

  • De la grosseur d’une guêpe, à dominante noire, une demi-douzaine d’entre elles fréquentent nos jardins. Elles aprécient les tiges pleines de moelle tendre ou creuses (ronce, rosier, sureau, ombellifères…), le bois pourri et friable, les galles. Elles accumulent des pucerons dans les cavités pour nourrir leurs larves, à raison de 30 à 40 individus par cellule.
  • On peut réaliser des bottes de tiges fixées horizontalement et verticalement sur de petits piquets pour protéger les cultures immédiates.

 

  • Ami du jardinier, cet insecte carnassier consomme les limaces, escargots, doryphores, chrysomèles et vers de terre. Il saisit ses proies avec ses mandibules et leur applique une sécrétion digestive avant de les consommer.
  • Pour les accueillir dans votre jardin, conservez les vieilles souches sous lesquelles ils aiment hiberner. Même partiellement enterrées, dans un coin du jardin, elles intéresseront de nombreux locataires ! Si vous la soulevez pour voir la vie en dessous, n’oubliez pas de la remettre délicatement en place pour y préserver le biotope. Des pierres pour se cacher, là c’est la joie. Plantez de la phacélie, qui attire les carabes.

 

  • Son régime alimentaire : les pucerons. Les larves de la coccinelle rouge à 7 points en consommeraient environ 600 tout au long de leur croissance !
  • Certaines sont jaunes, d’autres noires… Certaines ont des points blancs, sont oranges ou même poilues : quelle variété.
  • Au printemps, elles se réveillent, cherchent amour et pondent sur les feuilles, près du garde manger (pucerons et cochenilles). L’hiver, la coccinelle hiberne à côté des cultures, ou trouve refuge dans les habitations, dans les fissures autour des fenêtres ou des murs. Pour favoriser leur présence, cultivez une parcelle d’orties qui offrira gîte et couvert, installez des plantes pérennes qui leur serviront d’abri et laissez sur place débris de plantes, tiges creuses, amas de feuilles…
  • Elles aiment passer l’hiver dans les nichoirs laissés libres, si vous laissez en place la paille et les plumes du nid de l’année.

 

  • Le bourdon terrestre, avec son derrière tout blanc, est l’un des plus communs du jardin, il sort dès la fin février à la recherche des chatons de saule, prunellier, lamier pourpre, pissenlit, pulmonaire… La colonie de 400 a 500 bourdons se fera dans le sol ou sous le plancher de la cabane du jardin, ou dans un ancien terrier de mulot.
  • Des allées et venues vers les fleurs de framboisier, fraisier, tomate, aubergine, pois et tant d’autres fleurs sauvages et cultivées des haies, pelouses et massifs…

 

  • Pour le reconnaître : il fait du sur-place au dessus d’une fleur et change brusquement de direction. Il ressemble à une guêpe mais c’est une mouche, butineuse et pollinisatrice. Les larves consomment du printemps à l’automne toutes sortes de pucerons. Pour les attirer, couvrez la terre nue de paillis et laissez le plus de débris végétaux possible.

 

  • Le staphylin odorant est discret et nocturne. Ce gros coléoptère noir bleuté est un redoutable carnassier. Il se réfugie dans la journée sous une pierre, des feuilles mortes, des rondins ou un fagot de branches. Ce petit gourmet apprécie les escargots, les limaces et leurs œufs.
  • Pour l’attirer et le protéger, évitez de trop nettoyer le jardin, couvrez la terre de paillis. Les carabes, autres coléoptères auxiliaires, profiteront aussi de cette bienveillance.

 

  • La grande majorité des guêpes est parfaitement pacifique si peu qu’on les laisse tranquille. Une guêpe peut capturer jusqu’à 1 500 pucerons durant les quelques semaines de sa vie, tandis qu’une guêpe sociale (celles que l’on voit le plus souvent) mange en moyenne 1 000 mouches et 1 000 chenilles ! Pour les attirer, semez du fenouil.

 

  • Insectes nocturnes se réfugiant le jour dans les fentes sombres, étroites et si possible humides, ils trouvent au sol, sur les troncs ou dans les murs les anfractuosités dont ils ont besoin pour passer la journée tranquille.
  • Installez des pots de fleurs retournés, remplis de paille, dans les arbres à noyaux, avant la maturité des fruits. S’ils sont occupés par des perce-oreilles, transférez-les sur les pommiers ou toute autre plante parasitée par les pucerons. Ils assumeront  avec plaisir ce changement de poste !

 

OU L’INSTALLER :

  • Vous pouvez les placer dans les jardins, terrasses, balcons, contre un mur, l’ouverture tournée vers le sud, sud-est à l’abri des vents dominants, à au moins 30 cm du sol

 

ENTRETIEN

  • Au mois d’août, vous pouvez passer une couche d’huile de lin sur les surfaces extérieures de l’hôtel à insectes, ne pas toucher aux matériaux intérieurs. Préférez construire de petits hôtels à insectes, vous les disposerez ainsi à plusieurs endroits.

 

CONSEILS :

  • Il ne suffit pas d’abriter les auxiliaires, il faut encore leur offrir un espace qui les fait vivre.
  • Les pesticides sont à éviter car cela empêchent l’installation et l’action des auxiliaires.
  • La faune de votre jardin s’améliorera considérablement en réalisant des paillis, du broyat sous les arbres et haies, en installant des fleurs locales, et choisir de tondre moins souvent.
  • Inutile de maîtriser à tout prix la venue des insectes, commencez par un petit hôtel, observez les auxiliaires qui s’installent et l’année suivante, adaptez vos abris en conséquence.
  • Laisser au jardin à leur disposition un tas de bois, un tas de fagots, un tas de pierres, un lit de feuilles mortes ou de mousse épaisse au sol, un lierre vigoureux.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

  • La minigravière : Aménagez un espace sec, riche en sable, limon et gravier dans un coin du jardin. Des abeilles et des guêpes fouisseuses ne tarderont pas à adopter cet habitat minéral. Leur couvert sera assuré par un peu de thym entre les cailloux!
  • Construire un muret de pierres
  • Des fleurs pour les syrphes : Achilée, aubépine, bleuet, concolvulus annuel, corbeille d’argent, coriandre, églantier, fenouil, lierre, maguerite dorée, pavot de californie, persil sauvage, phacélie, prunelier, ronce, sarrasin, scrofulaire.
  • Des fleurs pour les papillons : Aster, aubriete, buddleia, cardamine des prés, bruyère, eupatoire chanvrine, hysope, julienne des jardins, lavande, lierre, menthe, monnaie du pape, œuillet de poète, origan, scabieuse des champs, sédum, véronique.
  • Des fleurs pour les bourdons : Achilée, anis, bleuet vivace, cardon, chevrefeuille, grande marguerite, jacée, lobelia, lotier corniculé, marrube, monarde, phacélie, pulmonaire, trèfle, valériane, verge d’or, vipérine.
  • Des fleurs pour les abeilles : Arabis, bruyère, carotte, eglantier, épilobe, fève, giroflée, ibéris, molène, muren framboisier, panais, pastel, romarin, verveine, vigne vierge.
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